La recherche d’un équilibre entre le marché et l’État a imprégné tous les efforts théoriques de l’économie politique depuis sa naissance au 18ème siècle jusqu’à nos jours. Cet équilibre a plus ou moins été réalisé dans la deuxième partie du 20ème siècle avec un capitalisme régulé par l’interventionnisme d’un État social bienveillant, dont la pratique a été légitimée en théorie par le keynésianisme. Cet équilibre a volé en éclats avec la globalisation et les crises économiques de ce début de XXIe siècle. Les États comme les marchés sont impuissants à faire face aux enjeux globaux de notre présent : instabilité financière, guerre des monnaies, inégalités croissantes, dérèglements climatiques, épuisement de la biodiversité et des ressources non renouvelables, gestion des masses migratoires des pays les moins développés ou en voie de développement vers les pays les plus développés etc. 

Ces enjeux exigent une réponse commune à l’humanité. C’est l’humanité dans son ensemble qui est convoquée pour faire face à la stabilité et à la justice des échanges, à la préservation de la biodiversité et la justice environnementale. En un mot, l’économie est sollicitée par l’hypothèse de la fin du monde et de l’humanité et doit, face à ce défi, repenser les communs. Est-elle équipée pour répondre à ces enjeux ? La science économique fournit-elle des théories et des concepts adaptés à cette problématique ? Ne faut-il pas envisager l’épuisement de la théorie économique ? Mais, la fin de l’économie politique ne signifie pas la fin de l’économie : comment penser l’économie devant le retour du commun et à l’ère des menaces globales ? L’économie au défi des communs doit nous mettre sur la voie d’une autre économie, qui reste à penser.