La consommation alimentaire n’est pas une consommation comme les autres. Ce champ de la sociologie s’est d’abord construit sur l’idée que l’alimentation était un compartiment parmi d’autres de la consommation des ménages ; il a fallu attendre presque un siècle pour que des chercheurs en sciences sociales mettent l’assiette au cœur d’un système riche et complexe qui commence dans la terre ou les océans et termine incorporée ou sous forme de déchet ; il a fallu des décennies pour que des scientifiques puissent considérer l’aliment comme plus que des apports nutritifs, comme un marqueur social, un métronome de notre journée ou, à l’échelle internationale, un instrument de diplomatie.

La sociologie de l’alimentation est typique de ces sujets en science sociale où les prénotions présentent un défi quotidien pour les chercheurs comme pour le lecteur curieux qui croient savoir parce qu’ils sortent de table au moment où ils s’y intéressent et pensent déjà au prochain plat qu’ils devront préparer ou se faire servir. Comme souvent, les sujets de notre quotidien deviennent – avec l’appui méthodologique et la curiosité aiguisée – les plus passionnants et des motifs de découvertes là où il ne nous semblait pas nécessaire de rechercher.


This seminar seeks to explore vegetarianism in all its complexity as it developed in the Anglo-American sphere from the 19th century to today. Is vegetarianism a lifestyle? An ideology? A subculture? A form of political consumption? Throughout the sessions, we will discuss texts and cultural objects dealing with vegetarianism, created by its supporters or opponents; we will analyze how vegetarianism resonated with other reform and protest movements, how it evolved with the industrialization of food production and animal rearing, the motivations behind the choice of a vegetarian diet.